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L'association allemande de défense de l'environnement Deutsche Umwelthilfe poursuit ...
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Par DPA Traduit par Anne SCHILLING Publié le 6 novembre 2026 Temps de lecture 4 minutes Télécharger Imprimer Taille du texte aA+ aA- L'association allemande de défense de l'environnement Deutsche Umwelthilfe poursuit Shein en justice Par DPA Traduit par Anne SCHILLING Publié le 6 novembre 2026 Lors d'une conférence de presse, l'association allemande de défense de l'environnement Deutsche Umwelthilfe (DUH) a annoncé avoir engagé une action en justice contre le détaillant en ligne Shein . shutterstock La plainte, déposée auprès du tribunal régional de Berlin II, porte plus précisément sur la présence de substances chimiques dans des vêtements vendus sur la plateforme. Selon des analyses réalisées par l'Institut de l'environnement de Brême pour le compte de la DUH, les concentrations de certaines de ces substances dépasseraient les seuils autorisés par l'Union européenne. Si Shein a bien retiré les produits concernés de son catalogue, cette mesure est jugée insuffisante par la DUH. L'association exige que le commerçant en ligne signe un engagement formel de ne pas réitérer ces pratiques, afin de garantir la protection des consommateurs à l'avenir. De son côté, Shein a qualifié ces exigences "d'excessives et disproportionnées". Dépassements considérables des seuils réglementaires Au total, 7 des 18 produits analysés présentaient des concentrations de substances chimiques supérieures aux seuils autorisés par l'Union européenne. Dans une veste destinée aux adolescents, la teneur en une substance appartenant à la famille des PFAS dépassait ainsi de plus de 12.000 fois la limite réglementaire. Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont notamment utilisés pour rendre les vêtements imperméables et résistants aux graisses et aux salissures. Également surnommés "polluants éternels", certains de ces composés peuvent, selon l'Agence fédérale allemande de l'environnement, perturber le métabolisme, le système hormonal et le système immunitaire. Certains sont également soupçonnés d'être cancérogènes. Dans une paire de bottes, les analyses ont par ailleurs révélé une concentration de 179.000 milligrammes par kilogramme de DEHP, un plastifiant, alors que la limite réglementaire est fixée à moins de 1000 milligrammes. Appartenant à la famille des phtalates, le DEHP possède des propriétés similaires à celles des hormones et peut altérer la fertilité. Les enjeux du litige Depuis décembre, la DUH aurait adressé six mises en demeure à Shein. "Pour écoblanchiment, absence d'étiquetage énergétique, publicité trompeuse et, justement, présence de substances chimiques interdites dans les textiles", a précisé Barbara Metz, directrice générale fédérale de l'association. Ces démarches seraient toutefois restées sans effet. "Shein incarne à lui seul l'ultra-fast fashion. Jusqu'à 11.000 nouveaux modèles sont mis sur le marché chaque jour. Des vêtements fabriqués au coût le plus bas possible, vendus rapidement et aussitôt remplacés par une nouvelle collection. Shein touche environ 155 millions de personnes chaque mois dans l'Union européenne." Selon elle, ce modèle économique pousse les capacités de contrôle des autorités publiques à leurs limites. "Face à de tels volumes, il est pratiquement impossible de procéder à des analyses chimiques." L'avocate Karoline Borwieck a déclaré: "Par cette action en justice, nous demandons qu'il soit interdit à Shein de commercialiser des vêtements dont la teneur en PFAS dépasse les seuils fixés par le règlement européen REACH. Cette interdiction doit également s'appliquer aux chaussures dont les matériaux contiennent des concentrations de DEHP supérieures à la limite autorisée." L'interdiction ne devrait pas se limiter aux articles analysés, mais s'étendre à toute infraction similaire. "Nous demandons également qu'une amende pouvant atteindre 250.000 euros soit infligée pour chaque nouvelle infraction." De son côté, Shein a affirmé avoir répondu de manière approfondie aux préoccupations soulevées par la DUH. "Concernant les PFAS, par exemple, nous avons passé en revue l'ensemble de notre catalogue de produits en Allemagne, renforcé les exigences imposées aux vendeurs en matière de tests de détection des PFAS et étendu les contrôles automatisés à toutes les versions linguistiques de notre marketplace." Une loi européenne contre la mode jetable De manière générale, la Deutsche Umwelthilfe appelle à renforcer la lutte contre la fast fashion, caractérisée par des vêtements à très bas prix et des collections renouvelées à un rythme effréné. L'association souhaite notamment que des critères environnementaux soient intégrés à la prochaine réforme de la législation sur les textiles. Selon les projets présentés jusqu'à présent par le ministre allemand de l'Environnement, Carsten Schneider (SPD), les fabricants devraient à l'avenir être tenus de participer à la collecte et à la valorisation des textiles usagés. Mais Barbara Metz, de la DUH, réclame des mesures plus ambitieuses : "Nous devons agir pour éviter que de telles quantités astronomiques de vêtements soient produites." Cet article est une traduction. Cliquez ici pour consulter l'article d'origine. Tags : Mode Industrie
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